Devra-t-on faire tomber Bayrou ?

22102009

Faire tomber Bayrou ?Ca y est, Christophe Ginesty a claqué la porte. C'est en soit un non-évènement. Mais Corinne Lepage serait elle aussi sur le point de mettre les voiles. Voilà qui est encore plus préoccupant. Quoi qu'on en dise, cette Dame a toujours ramé dans le sens des adhérents et a constamment privilégié le débat interne. Je garde un très bon souvenir de sa visite au Blanc-Mesnil à une réunion de travail organisée par Claire O'Petit, Carine Pelegrin et Edwin Legris. Déjà (en 2007), elle pestait contre la désorganisation interne et nous affirmait maintenir le débat au sein de Cap 21.

Je l'avoue avec beaucoup de regret, je n'ai jamais pu trouver le temps de venir participer à ses commissions. Il s'agit pourtant de l'engagement le plus important dans la vie militante : celle de la réflexion et du débat de fond. J'espère pouvoir me rattraper en travaillant sur le programme des régionales même si mon activité professionnelle du moment obscurcit cette perspective.

Toujours est-il que contrairement à Mme Lepage ou M Ginesty, je ne quitterai pas le MoDem. La justification de ce dernier est pourtant juste et partagée par tous : Bayrou est un visionnaire, un bon Président mais un gestionnaire catastrophique. Et son pire défaut, celui qui nous tire tous dans la tombe, c'est qu'il ne compte pas déléguer cette tâche. Comment un homme qui critique aussi sévèrement l'hyper-président Sarkozy peut-il s'entêter à être aussi omnipotent dans son “entreprise” ?

Bayrou a créé ce Mouvement et sa suprématie n'a jamais été remise en question. Faire croître le Mouvement aurait signifier s'élever lui-même. Pourtant, on ne peut avoir que le sentiment qu'il saborde le navire de sa propre initiative. Un regard extérieur vous dirait que c'est tellement gros qu'il est évident que des pressions sont exercées sur cet homme, qu'on le menace, qu'on lui fait du chantage, que ses enfants sont pris en otages. On ne saura jamais ce qui se passe dans la tête du patron mais à vrai dire, peu importe.

Les authentiques militants s'en moquent en effet car nous ne sommes pas au RPR. Le leader ne constitue pas la raison pour laquelle nous sommes là. Non, ce qui nous rassemble, ce sont les valeurs et les idées du personnage. Et tout cela, nous l'avons assimilé, nous en avons fait notre leitmotiv, notre crédo. Si Bayrou retourne sa veste, détruit ce qu'il a construit, il faut lui faire comprendre qu'il n'en est plus le propriétaire et, qu'enfin, il nous doit des comptes.

Le Monde a publié hier ou aujourd'hui des témoignages de la base militante de l'UMP. Ces gens s'insurgent de la tournure prise par les évènements dans leur parti, devenu un géant appareil de com' à l'usage du clan Sarkozy. On saluera cette prise de conscience, même tardive. Si l'UMP, parti complètement organisé derrière un chef, arrive à fomenter une rébellion, pourquoi ne serions-nous pas capable, nous parti démocrate, de prétendre au moins à une remise en cause de notre hiérarchie ?

Il ne s'agit pas ici de comploter un renversement, mais bien de remettre le soldat Bayrou à la place qui est la sienne : celle d'un sortant au bilan peu reluisant qui devra présenter un vrai projet interne s'il veut conserver la tête du parti qu'il a créé. Lorsque l'élection interne sera venue, ce sont bien les projets et la stratégie qu'il faudra juger. La tactique du “tout Bayrou” en vue de la Présidentielle a vécu : le MoDem, c'est avant tout des idées et des valeurs et nous avons besoin avant tout d'une organisation bien plus que d'un Président de la République désarmé.

Partir ne sert à rien. Aucune autre formation ne véhicule les valeurs du MoDem. Partir c'est abandonner. C'est retourner à une époque où l'on ne remettait pas en cause ces vieilles méthodes de faire de la politique, ces temps où droite et gauche se partageait le gâteau dans un statut quo insupportable pour les Français. Est-ce une régression acceptable ?




Ca qui ne marche pas

26092009

EngrenageVoilà de longs mois que je n'ai pas actualisé ce blog. Les occasions n'ont pourtant pas manqué : naufrage des européennes, hadopi2, la “sortie” de la crise (mais pas pour tout le monde), affaire Clearstream… Mais voilà, l'envie de commenter positivement m'a fait défaut et les rares fois où j'ai entamé la rédaction d'un post, j'ai du réfréner ma colère, mon amertume et ma consternation.

Après un certain temps de mise en retrait, je pense avoir assez de recul pour analyser objectivement la situation du MoDem. Objectivement ne veut cependant pas dire “avec complaisance”. La critique, aussi sévère qu'elle puisse être, s'avère toujours nécessaire lorsqu'elle est constructive. Je regrette d'ailleurs qu'elle n'ait jamais trouvé échos auprès de nos instances, tant départementales que nationales. Je ne connais pas personnellement Christophe Ginesty et l'image que j'ai de lui de part son image publique et des bruits de couloirs tient plutôt du courtisant aux dents longues. Quand il a monté son opération de com' publique pour secouer le bureau national, je me suis d'abord dit que même s'il avait raison, il était sacrément gonflé de déballer le linge sale devant les journalistes. Mais ce qui m'a interpelé le plus au final, c'est le mutisme, voire le dédain public affiché par les membres du bureau national envers cette initiative. Il n'y avait pourtant rien à jeter dans les propositions de Ginesty aux vues de l'état de ce parti.

L'attitude des instances départementales en Seine-Saint-Denis est encore plus préoccupante. De très nombreux emails ont été adressés à la présidence par des militants de tout le département. J'en ai moi-même rédigé un certain nombre. Tous sont restés lettre morte. En marge de cette absence, les “fidèles” adoptent une attitude agressive de dénigrement, vraisemblablement trop contents d'être responsables d'un petit bout du grand rien-du-tout que constitue notre Mouvement Départemental en l'état actuel des choses. Ainsi, j'ai pu lire en réponse aux revendications des uns qu'il ne fallait pas “prêter attention aux fâcheux”, comme si l'entreprise de construction du Mouvement Départemental était lancée à pleine vitesse sur les rails du succès et que les plaignants n'étaient qu'une poignée de zygotos hermétiques au changement. Une position ahurissante quand on considère qu'un vice-président a démissionné de découragement, que M Artigues, médiateur est venu en personne pour se faire (limite) poser un lapin, qu'aucune initiative envers les adhérents n'a été menée ou encore que rien n'a été préparé pour les universités de rentrée.

La conclusion logique et définitive que j'en retiens, c'est que rien ne viendra d'en haut et que tout devra démarrer par des initiatives individuelles. Si les initiatives sont bonnes, alors elles seront plébiscitées et portées par les militants. Si la sauce ne prend pas, alors ce sera des heures de boulot à jeter à la poubelle. C'est une idée à laquelle tous les militants doivent se faire : celle que leur travail, aussi bon qu'il puisse être, puisse ne rencontrer aucun écho positif de la communauté. Même si cette situation est décourageante sur le moment, il ne faut pas sombrer dans la résignation et continuer de proposer et de porter des initiatives en espérant que les suivantes feront bouger les lignes. Il y a tant à faire que rien n'est inutile à proposer.

En ce qui concerne la ligne politique suivie par le Bureau National, nous sommes nombreux à nous inquiéter de la distance prise avec notre position d'indépendance. Il est vrai que ce rapprochement avec le PS brade un certain nombre de nos valeurs et qu'il donne l'effet d'un parti en solde. Ce glissement à “gauche”, tonne comme un aveu d'échec de la théorie de la négation du clivage gauche-droite. Ce n'est pas la théorie qui est mauvaise. Ce ne sont pas les Français qui ne sont pas prêts à la comprendre. C'est la promotion qui en a été faite qui a été nulle.

Nos cadres (Bayrou inclus) n'ont pas su sortir un argument pour expliquer ce thème et ont immanquablement essuyé les habituels “un coup à droite, un coup à gauche”, les “Bayrou, cet homme de droite” de Copé et du PC sans parler des “le MoDem vire à gauche” du Nouveau Centre. Les Français sont pourtant des gens assez intelligents pour comprendre que quand on parle de la Politique cela sous-entend “les politiques”. Que l'on ne parle pas d'économie comme on parle de social, de sécurité ou d'éducation. Qu'il est possible d'être dans le vrai dans un domaine et avoir faux dans tous les autres. Le concept de droite et de gauche est unidimensionnel. La Politique non. Pourtant, les partis en font leur fond de commerce. L'UMP donne l'impression d'un parti très ferme et conservateur alors qu'en réalité, ils plébiscitent une politique économique libertaire et débridée instaurant la loi de la jungle dans le monde du travail. Le PC se cache derrière de pseudos valeurs humanistes pour cautionner une politique totalitariste qui a montré toute sa cruauté au 20ème siècle. Faire tomber l'imposture ne se fera pas en quelques jours. Souhaitons donc que nos leaders départementaux comme nationaux sauront se ressaisir et raviver la flamme de notre action.




A la soupe !

16052009

JCLAllez, soyons fous : 3 articles en un soir. Mais celui-là est court : il s'agit juste de vous relater ma stupeur quant aux députés qui ont voté contre la loi Hadopi. Parmi les députés du Nouveau Centre, on compte évidemment Jean Dionis du Séjour qui s'est montré très présent lors des débats. Mais il y a également un invité surprise ! Jean-Christophe Lagarde s'est en effet prononcé contre cette loi. Lui qu'on annonce comme “chaud-bouillant” pour enfin entrer au gouvernement, voilà un vote qui ne le place pas en très bonne position pour y arriver étant donné la crise piquée par Fillon et Sarko après le premier rejet de l'Assemblée. JCL aurait-il changé de stratégie ?

La liste complète




Anéfé ça va coûter cher et ça sera inutile

15052009

Casse toi d'Internet Pov'con!Voilà 11 ans, en 1998, que Justin Frankel a sorti la première version grand public de Winamp et ainsi démocratisé le format mp3. Le téléchargement de musique sur Internet s'est alors rapidement développé. A l'origine, des têtes brûlées du piratage informatique sous toutes ses formes mettaient les albums et morceaux les plus connus en téléchargement direct sur leurs sites aux côtés des versions pirates de Windows et autre Photoshop. Les Maisons de Disques ont alors commencé leur sinistre croisade juridique en assignant dans un premier temps les fournisseurs d'accès, désignés comme responsables du contenu hébergé sur leurs serveurs. Avec la vigilance croissante des hébergeurs de sites, les internautes ont du trouver d'autres solutions d'échange de la musique. Des plateformes techniques comme l'illustre Napster se sont alors lancées dans l'aventure et au fil de leurs déboires juridiques, les internautes ont migrés vers d'autres solutions, d'autres plateformes et d'autres logiciels. Au fil de ces années, nous avons connu Audiogalaxy, Gnutella, Kazaa, Edonkey, Emule, Overnet, etc… Certains modèles n'ont pas résisté aux assauts juridiques et ont sombrés ou se sont convertis, à l'image de Audiogalaxy, devenu la plateforme de téléchargement légale et payante Rhapsody. Mais les internautes continuent de télécharger illégalement.

Et comment pourrait-il faire autrement quand on leur propose comme seule alternative d'acquérir de la musique à prix d'or cantonnée à un objet matériel, le CD, quand ils ont besoin de cette musique dans leur baladeur, dans leur autoradio, ou dans leurs soirées ? Les offres actuelles de téléchargement “légal” n'ont rien de sérieux. D'une part, les morceaux sont souvent verrouillés par les odieuses DRM (Digital Rights Management, un processus cryptographique empêchant un morceau d'être joué sur un équipement électronique autre que celui pour lequel a été effectué l'achat), même si cette pratique ultra contraignante semble en voie d'abandon. Mais d'autre part, et c'est bien là le plus abject, les tarifs pratiqués sont tout simplement burlesques : on trouve même des titres vendus 1,49€ sur virginmega.fr ! 1 euros et 49 centimes pour une chansons de quelques minutes alors qu'il n'y a aucun support RIEN à fabriquer ! Et qu'on ait pas l'hypocrisie d'annoncer qu'il s'agit du coût de la plateforme informatique : toute l'informatique mise en oeuvre pour la gestion des stocks, la fabrication et la distribution de supports physiques ne peut être comparée au budget d'investissement d'une plateforme de e-commerce, aussi sophistiquée soit-elle. Il n'y a d'autant plus d'excuses que des acteurs comme Google arrivent à proposer une multitude de services gratuits en dégageant tout de même de confortables bénéfices.

Autant le dire : ça fait 11 ans que le phénomène est là et les Maisons de Disques n'ont rien fait d'autre que des procès. Aucune remise en cause de leur Business Model, rien. Ah si : ils ont pleuré à l'occasion des premières baisses de vente. Le parallèle avec l'engouement du public autour du DVD qui a absorbé à lui seul une part importante du budget loisirs des ménages n'a jamais été établi : c'était la faute du piratage. Voilà la rhétorique que l'on nous sert depuis 11 ans et qui trouve à nouveau échos auprès de quelques gogos (ou complices ?) de la sphère politique à l'occasion de cette triste loi Hadopi. On impose aux cheminots, aux postiers, et à tous les employés de la fonction publique la suppression du régime social qui couvrait leur rémunération au lance-pierre mais on fait passer à nos parlementaires un temps considérable à défendre les intérêts privés de sociétés toujours ultra bénéficiaires et n'esquissant aucun effort pour moderniser leur offre. Tout ça, sous le couvert bienveillant de la Culture. Les entreprises de l'industrie en difficulté ont-elles bénéficié d'autant d'attention ? Non, on les a laissé réduire leurs coûts de production en délocalisant, laissant derrière elles des charrettes de licenciés et des régions sinistrées.

Ce à quoi nous avons assisté n'est ni plus ni moins que la pression d'un lobby. Et les lobbies sont les ennemis d'une économie capitaliste. En effet, avec le soutien de l'Etat, les Maisons de Disques ne seront jamais mis dans une position de risque leur imposant de devoir lutter contre la concurrence de modèles innovants. Ils n'auront alors aucun besoin de faire émerger de nouvelles offres tant qu'on leur permettra de garder bien au chaud leur poule aux œufs d'or.  Si tous les secteurs d'influence se mettent à faire de même, c'est la mort de l'innovation et donc de la croissance. Et rien que pour cela, les Maisons de Disques ne doivent pas être soutenues mais doivent être sanctionnées. Lourdement sanctionnées.

On appréciera au passage le cynisme de tous ces “libéraux” de l'UMP qui condamnent à longueur d'année l'interventionnisme de l'Etat mais qui ont voté cette loi Hadopi coupant l'herbe sous le pied des entrepreneurs qui auraient été prêts à mettre en œuvre de nouveaux modèles économique, à créer de l'emploi et à relancer la concurrence. En confortant l'oligopole d'une poignée d'entreprises sur le monde de la musique et des studios cinématographiques, Hadopi tue dans l'œuf toutes les perspectives d'une modernisation technique des supports de distribution de la musique et de la vidéo. Pourquoi les entreprises investiraient-elles ? L'Etat vient de relâcher toute la pression qui pesait sur elles et qui les aurait forcées à évoluer, investir, embaucher.

Et les artistes dans tout ça ? Sont-ils aussi inquiétés qu'on souhaite nous le faire croire ? Florent Pagny, qui a connu d'importants ennuis avec le fisc, rappelons-le, dévoilait récemment posséder une collection impressionnante de motos. Ici encore, ce n'est pas la crise pour tout le monde. Avez-vous cependant entendu parler de ces artistes contraints de tourner dans des pornos gays pour pouvoir régler la scolarité de leurs enfants ? Eh bien moi non plus. On déballe toutefois toujours autant sous notre nez la fortune des uns et les robes de soirée des autres. Le vrai problème des artistes, c'est que pour continuer à se baigner dans leurs piscines de billets de banque, il leur faut montrer patte blanche à leur mécènes : les chaines de télé, les maisons de disques ou encore les studios de cinéma. Dénoncer ces lobbies sans avoir les épaules assez larges, c'est se griller : plus de passage à la Star Ac', plus de contrats avec des majors et leur puissance de feu publicitaire, plus de têtes de gondole à la FNAC… Les artistes auraient pourtant tout à gagner à voir les majors perdre de leur superbe : moins de pression, plus de marges, plus de liberté créative, plus d'équité entre les petits et les gros… Mais leur faible mobilisation illustre bien, qu'au fond, ils ne se sentent pas concernés.

De cette loi, on relèvera également ce pathétique amendement indiquant que les œuvres des exilés fiscaux ne sont pas protégées par l’Hadopi. Une mesure consternante trahissant l'incapacité du gouvernement à entreprendre des actions franches à l'encontre des contrevenants. Du coup, ce sont également tous les gens qui travaillent pour ces individus qui en pâtissent. Musiciens, ingénieurs du son, assistants, des personnes qui résident toujours en France et qui continuent de payer leurs impôts ! Comme d'habitude avec l'UMP, ce sont encore les plus faibles qui payent pour les plus forts.

Et après quoi ? Les technophiles français, grands consommateurs de produits culturels, sont furieux et risquent bien de conserver leur antipathie pour longtemps. Un état d'esprit qui ne contribue pas vraiment à inciter à l'achat. Du coup, malgré l'arsenal répressif qui se met petit à petit en place, va-t-on voir pour autant une spectaculaire hausse des ventes ? Rien n'est moins sûr tout d'abord à cause de ce jeu du chat et de la souris que les pirates connaissent bien : toute nouvelle entrave est un défi technique à relever. Des solutions anti-Hadopi sont d'ores et déjà opérationnelles. Il y a d'autre part un caractère facultatif à la musique et au cinéma faisant que la plus part des gens peuvent se passer de nouveautés. Dès lors, moins de personnes au courant des nouveautés, moins de buzz et au final, moins de produits règlementairement acquis. Le parlement a donc choisi la formule du perdant-perdant, celle qui conforte l'industrie dans une formule perdante à long terme et qui ne contribuera pas à améliorer la situation économique globale en France.




Vous aviez promis M Copé…

15052009

Publié en commentaire d'une tribune de Jean-François Copé sur lefigaro.fr.

Jean-François Copécuistre (masculin)
1. Personne qui fait un étalage intempestif d'un savoir souvent mal assimilé, qui tranche avec une assurance excessive. Pédant vaniteux et ridicule.

Voilà un qualificatif qui sied décidément bien à ces gens de l'UMP. Après Albanel et son exposé de haute technologie sur le logiciel libre, c'est au tour de M Copé de nous livrer son analyse d'un livre qu'il n'a pas lu. Et sans sourciller. Quelle classe.

Copé ne répond à aucune des problématiques relevées par Bayrou dans son livre. Il se contente de son habituel sermon du “Bayrou cet homme de droite”. Quand Copé déclare que Bayrou est un joueur de poker, comprenez que M Copé s'y connait car c'est exactement le jeu auquel il se livre dans son texte : jouer sa stratégie perso en affaiblissant Bayrou le plus possible. La raison en est très simple : Bayrou est l'ennemi numéro 1 du prochain candidat à la présidentielle de l'UMP. Et devinez qui espère bien en être ?

Sarkozy a en effet annoncé à plusieurs reprises qu'il ne repartirait pas pour un deuxième mandat. Marianne le soupçonne ainsi de vouloir “aller faire du fric” à la tête du grande entreprise française. Si cette éventualité était avérée, quel homme de droite serait donc le mieux placé pour faire barrage à Bayrou que son pire opposant ? Copé dénonce la stratégie de “l'anti-sarkozysme primaire” alors que ce qu'il ressasse depuis des mois n'est-ce pas en soit de “l'anti-bayrouisme primaire” ?

Les ficelles sont grosses. Tous les clichés y passent : Bayrou homme de droite, Bayrou le libéral, Bayrou le mauvais ministre, Bayrou l'obsédé de la présidentielle. Des propos finalement peu intéressants et, surtout, très datés! Heureusement, il n'a pas cédé aux sirènes du “Bayrou, ce Le Pen light” si en vogue en ce moment ! Si l'on se prêtait cependant au jeu de M Copé sur sa propre personne en faisant les poubelles de sa carrière politique, les découvertes ne manqueraient pas d'être distrayantes !

Soyons honnêtes, Bayrou a été à droite, c'est indéniable. Mais ce qui a échappé à M Copé, c'est qu'entre temps les lignes ont beaucoup bougé et nombre d'hommes de gauche ont virés à droite et l'idéologie socialiste s'est fossilisée tirant de plus en plus vers un capitalisme soft. Un capitalisme raisonnable vers lequel convergent les gens les plus avisés, qu'ils soient de droite ou de gauche. Voilà l'un des socles du Mouvement Democrate. Certes, cette jeune idéologie manque de substance mais c'est tout de même plus réaliste et moins hypocrite qu'un parti rassemblant des Gaullistes et des ultralibéraux ! D'ailleurs M Copé, si vous voulez “y aller”, que ce soit en 2012 ou en 2017, il serait temps de vous exprimer sur la France parce que votre petit refrain sur Bayrou ne suffira pas à vous y emmener.

Langue de bois




Décès de Claude François : colères contre EDF

13032009

Chemin de ferSoyons clairs : l'accident qui s'est produit sur le RER B à la fin du match Lille-Lyon est infiniment tragique. Pour les familles, c'est une perte d'autant plus terrible qu'elle concerne un enfant et un jeune homme. C'est déjà très dur de perdre un aïeul, mais voir ses enfants partir avant soi, c'est une épreuve contre-nature que je ne souhaite à personne, pas même aux pires individus. Sans l'avoir vécu, je ne pense pas que l'on puisse concrètement se rendre compte. Mais on imagine bien que les victimes d'un tel drame sont submergées par les émotions et les questions.

“A qui la faute ?”, “Qui est le responsable ?”. Il est difficile de faire la part des choses lorsque l'on se retrouve au centre de ce maelström émotionnel. Voilà où commence le devoir de l'Etat et de la Justice : faire parler la raison quand les sentiments ont pris le pas sur le rationnel. Et où est donc la raison quand la SNCF est assignée comme responsable du décès de ces supporters ? Je n'en veux pas au grand-père qui porte la responsabilité sur la SNCF : comment pourrait-il avoir les idées claires après une telle perte ? Cet accident, si inutile, si “bête”… Il y a forcément un responsable, pense-t-il. En revanche, quand on peut lire dans la presse des titres tels que “Colères contre la SNCF”, ma colère personnelle est tournée contre tous ces gens de collectifs ou d'associations qui devraient eux garder la tête froide mais qui donnent dans la surenchère.

Ce genre d'accidents tragiques ne s'expliquent que par l'inconscience des gens. Ces évènements sont souvent stupides, nous arrivent à tous et parfois, leurs conséquences peuvent être dramatiques. Y chercher à tout prix une responsabilité relève de la mauvaise foi et n'entraine qu'une série de mesures abrutissantes d'inutilité, coûteuses pour le contribuable et jamais suivi sur le long terme. Direct Matin Plus relate aujourd'hui que des mesures dans ce sens on déjà été annoncées par Guillaume Pepy, le président de la SNCF qui déclare souhaiter mettre en place des “serrures de sécurité très résistantes à la malveillance” et carrément une “télédétection par infrarouge”. N'importe qui sait que marcher le long d'une voie de chemins de fer est extrêmement périlleux. Les supporters adultes en premier lieu. Ils ont pris un risque qui leur a coûté très cher. Pourtant, aucune note dans la presse concernant ces adultes irresponsables qui ont entrainé ces jeunes gens. Non, c'est la faute de la SNCF qui devrait faire contrôler ses milliers de kilomètres de lignes et leurs abords plusieurs fois par jour, ajouter du barbelé aux accès et installer des portes de coffre-fort.

Comment peut-on trouver de telles mesures réalistes ? Nous côtoyons tous les jours le danger. Quand nous prenons le volant, quand nous utilisons des appareils électriques ou même quand nous ne nous lavons pas les mains avant de manger. Dans tous les cas où il y a un risque potentiel, de gros efforts ont été déployés pour prémunir nos concitoyens du danger. Mais il y a une frontière de bon sens à ne pas franchir qui est transgressée en permanence parce que la Justice est actuellement faite pour encourager les procès engageant la responsabilité des uns ou des autres. Les responsables préfèrent alors mettre en place des procédures et des investissements très lourds voire absurdes pour être protégés politiquement alors que le risque, infime, ne justifie en aucun cas la mise en œuvre de telles actions.

Ma collègue Claire O'Petit, conseillère municipale de St-Denis est bien plus réaliste en plébiscitant une solution qui a fait ses preuves : lors de la Coupe du Monde 98, le stationnement, très limité autour du SDF, s'effectuait à Villepinte et les supporters disposaient d'un aller-retour gratuit par le RER. Une solution intelligente, qui prend le problème à la source. Et c'est bien d'intelligence dont a besoin ce pays et pas d'un fatras administratif de plus comme nos législateurs savent en concocter.




Qui n’a pas pris ses responsabilités ?

11022009

Mais oui mais alors kikidonc ?L'allocution du Président de la République dans l'émission Face à la crise a fait couler beaucoup d'encre depuis la semaine passée et il serait possible de s'étendre des heures à commenter la totalité du discours. Il y a cependant une contradiction majeure que je souhaiterais aborder ici. Monsieur le Président déclare en effet privilégier une relance sur l'investissement car contrairement à une relance par la consommation, celle-ci laisse des actifs. Ceci est tout à fait exact et c'est à mon sens une excellente façon de relancer l'économie. J'ai en revanche certaines divergences avec le Président dans la mise en pratique d'un plan de relance de ce type mais l'essentiel est là : quand on investit, on a un actif en face de la dette.

Mais alors pourquoi le Président s'acharne-t-il à vouloir réduire les effectifs de l'éducation nationale en n'y voyant qu'une ligne en dépense de fonctionnement sur son budget comptable ? N'est-ce pas le secteur à renforcer en priorité si l'on veut avoir demain des salariés capables de tirer tout le potentiel des investissements consentis ? Le même Nicolas Sarkozy se dit inquiet de constater la dégringolade des écoles françaises dans les classements internationaux pour justifier la mise en place de l'évaluation du personnel enseignant. Mais pourquoi imposer un plan de rigueur à un secteur qui nécessiterait justement d'être relancé ?

Le Président renoue ici avec son manichéisme habituel. L'école va mal ? Alors les enseignants (comprenez “les incompétents”) vont devoir prendre leurs responsabilités. Aucun mot sur les efforts déjà consentis comme le soutien scolaire ni sur la difficulté d'exercer en 2009 dans un contexte où la culture de masse abrutit les esprits juvéniles. Non, c'est la faute des profs, les statistiques le prouvent. La gare St Lazare est bloquée ? C'est la faute des cheminots et ils vont devoir prendre leurs responsabilités en commençant par s'excuser.

Cette tournure peut s'appliquer finalement à tout et n'importe quoi en y réfléchissant. Untel vends des poupées vaudous à l'effigie de Sarko ? “Il va devoir prendre ses responsabilités”. Un autre publie un livre sur le passé douteux de Kouchner ? “Il va devoir prendre ses responsabilités”. Au final, le seul qui n'ait pas à prendre ses responsabilités, ça reste le Président, parce qu'il a toujours raison et qu'il a une émission pour le dire ! Et peu importent tous les chiffres manipulés ou les demi-vérités qu'il ait pu nous servir car l'importante part des Français qui se cantonne aux médias de masse n'en saura jamais rien.

Nous voilà retombés dans l'imposture permanente de la Présidence : passer d'un sujet à l'autre à toute vitesse sans laisser à l'opinion publique le temps de se faire un avis ou de réfuter les mensonges que le Chef de l'Etat dissémine. Une grande partie de nos concitoyens réalise cela parfaitement et s'indigne de voir la population dupée par cette mascarade.

Mais grogner dans son coin ne change pas grand chose et laisse au contraire les dragées libres à des personnalités comme M Sarkozy pour mener cette politique malhonnête de la désinformation. Il peut paraître dérisoire de vouloir s’élever de sa seule initiative pour changer les choses mais quand on choisit de militer, on finit très vite par ne plus être seul. Quand on parle de militer, il ne s’agit pas systématiquement d’aller sur les marchés distribuer des tracts ou d’assister à de longs discours le dimanche matin. Cela consiste avant tout à adhérer à un Mouvement dont on est proche pour, d’une part, exprimer collectivement, haut et fort les contestations et propositions que l’on grommelait hier tout bas dans son coin et cela signifie d’autre part que l’on peut influencer activement sur le devenir du parti et de ses idées et cela uniquement à la force de son bulletin de vote.

Et si l’on y prend goût, alors et seulement alors, il est possible de développer son poids dans le parti en choisissant de militer activement pour faire progresser la cause. Cette distinction est importante parce que beaucoup de gens sont intimidés à l’idée de devoir importuner leurs concitoyens avec des tracts ou s’imaginent devoir assister à de longs meetings des heures durant. Ces perspectives ont en effet tendance à effrayer les gens qui y voient les clichés de la Politique du siècle dernier et c’est effectivement encore aujourd’hui le quotidien des militants les plus assidus. Un quotidien qui ne colle pas forcément avec une vie professionnelle et personnelle bien remplie et rangée. Mais là n’est pas l’essentiel du militantisme. Il n’y a aucun engagement à devenir militant autre que celui de devoir s’acquitter de sa cotisation annuelle (20€ au MoDem, 5 pour les chômeurs et étudiants). En revanche, une fois muni de votre carte d’adhérent, c’est à un petit levier d’influence que vous avez accès. Un tout petit levier certes, mais quand 50 000 personnes actionnent simultanément sur leur petit levier, c’est le pouvoir qui peut fléchir voire basculer.

Je suis malade de voir tout ces gens, les yeux grands ouverts, assister conscients et rageurs à la grande imposture du Président sans savoir qu’ils ont potentiellement un pouvoir. A côté de ça, je constate l’état des sections locales des partis d’opposition et je ne peux que me désoler que la jonction ne se fasse pas. Les gens pestent contre des partis comme le MoDem en raison de leur inaction sans comprendre que cela pourrait être eux le MoDem et que si les partis d’opposition fonctionnent mal c’est justement parce qu’ils manquent de ressources humaines pour remplir leurs objectifs.

Si en lisant ce texte, vous vous êtes sentis concernés par ce sentiment d’impuissance face à ce qui est entrain de se dérouler, alors militez. Si ce n’est pas en politique, alors faites le à la Croix Rouge, aux Restos du Cœur, à la Fondation l’Abbé Pierre… mais militez ! Même dans les autres partis comme le PS, le NPA ou les Verts, militez ! Vous allez me dire que si nous allons même jusqu’à pousser les gens à rejoindre les autres partis, nous perdrons à toutes les élections. Mais en vérité, c’est le jour où les gens arrêterons d’être loquaces et critiques que nous aurons perdu. Et le perdant ne sera pas seulement le MoDem mais c’est la Démocratie en elle-même qui sera défaite. Alors militez et c’est tous armés de nos cartes que nous nous rappellerons au bon souvenir de notre Hyper-Président et des ses hyper-inepties. Au moins vous, vous aurez pris vos responsabilités…




Cette grève inadmissible

21012009

A ce train là...Les grèves de St Lazare, j'y ai goûté : le matin du 25 décembre, alors que je me rendais en Bretagne, une partie des cheminots du réseau St Lazare (dont ceux du RER E) ne se sont pas levés pour aller travailler. Les horaires prévisionnels n'ayant pas été respectés, ma compagne et moi avons raté notre TGV et du attendre 2 heures à Montparnasse. Une grève pas très fairplay qui m'a couté 60€ de billets et nous a fait rater le repas en famille du midi.

Si la grève de décembre était franchement barbante, celle de janvier est inadmissible tant elle est dégradante pour la solidarité nationale. Rendez-vous compte : on paye des gens rubis sur l'ongle pour faire un travail et ils en profitent pour prendre les gens en “otage” et remettre le résultat de leur incompétence sur le dos des autres ! Vous pensez que c'est toujours aux cheminots auxquels je fais référence ? Non, leur grève à eux est malheureusement bel et bien justifiée parce que c'est notre ras-le-bol à tous qu'elle véhicule. Qui a envie de se voir menacer d'agression quand il est sur son lieu de travail ? Qui n'est pas épuisé de constater cette lente escalade des incivilités et de la violence sur les personnes ?

La vraie grève, celle qui justifie que l'on soit révolté, c'est celle qui est menée par le gouvernement et les parlementaires sur la lutte contre la délinquance. Si leur inaction est lourde de conséquences pour la population d'Ile de France, leurs lamentables sorties et autres commentaires sont carrément insoutenables ! Qu'il s'agisse de Sarkozy ou Coppé, chacun y va de sa petite “indignation” moralisatrice.  Quand on additionne toute la mauvaise foi dont ils font preuve à longueur d’années, c’est quand même le pompon de se voir faire la leçon par ces faux-jetons là.

Souvenez-vous par exemple de ces tristes sires nous soutenant avec morgue que la suppression de la publicité sur la télé publique serait “tout bénef” pour tout le monde. Alors que ce “tout le monde” cherche encore l'intérêt d'une telle mesure, voilà que l'on apprend qu'en plus, elle va nous couter bonbon, les sénateurs venant de voter la hausse de la redevance. La hausse des taxes en pleine crise économique, voilà une excellente mesure pour le plan de relance. La relance de quoi ? La relance à plein régime des scieries pour leur confectionner de belles langues de bois ça peut-être mais pour l'économie, c'est moins sûr…

En fait, la seule certitude que nous ayons aujourd'hui c'est la véracité du cheminement “économie en rade –> chômage –> accroissement de la pauvreté –> aggravement de l'insécurité”. Sachant que l'insécurité avait déjà atteint un niveau inquiétant avant la crise, on peut craindre le pire. Hier les profs, aujourd'hui les cheminots. Demain, à qui le tour ?! A ce train là, il y en aura pour tout le monde ! Et celui là, il ne risque pas d'être en grève ! Bonne année quand même…




Privatisation de la Sécurité : les Forces du Désordre

3012009

“Des abrutis trop cons pour avoir le certificat d'étude! Et on leur donne un flingue”. Voilà comment l'une de mes connaissances qualifie les forces de l'ordre. Si il n'est pas des plus compatissants, il est loin d'être le seul à éprouver ce genre d'hostilité envers la police parmi nos concitoyens. Les compétences des agents sont pourtant d'un niveau très correct comme ont pu nous le démontrer les émeutes des banlieues ces dernières années : pas un mort parmi les émeutiers malgré les tirs essuyés par les policiers. Une gestion remarquable de la crise quand on la compare à d'autres situations similaires s'étant déroulées à l'étranger (et s'étant souvent conclues par un bain de sang).

La profession souffre pourtant d'une réputation exécrable auprès des Français. Ceci principalement à cause d'un défaut de comportement observé par certains ou appris de bouche à oreille par les autres : malaimabilité, aggressivité, abus de pouvoir, familiarités, etc… Les raisons en sont multiples : confrontation quotidienne à la pire délinquence, désillusions au regard du laxisme de la justice, défiance de la population, manque d'encadrement, lacunes de la formation, etc… Il existe un nombre très important d'axes de reflexion sur lesquels travailler pour faire progresser la police, tant en terme d'efficacité qu'en terme de confiance avec les Français. Il est cependant impossible de croire qu'on ne puisse pas pousser à s'améliorer des gens qui se sont engagés au service de la France par conviction.

La police s'est attirée l'inimité des Français. Quelle est la réaction du gouvernement ? Les remplacer par des forces de l'ordre constituées de sociétés privées qui effraient encore plus la population. Et ce coup-ci, on ne peut que céder à la psychose. Quand la logique financière et le profit s'invitent à la table des intérêts de l'Etat et supplantent la mission de service public, le résultat ne peut être que catastrophique. La formation : oubliée. Le matériel : choisi au rabais. Les employés : payés au lance-pierre. Tout pour encourager la corruption, les bavures, les accidents… Et la défiance.

La privatisation de la sécurité reste néanmoins une aubaine pour le gouvernement : affaiblissement total des syndicats et déresponsabilisation complète de l'Etat en cas de scandale. Plus de casses-pieds pour venir pester contre la gestion de la police par le gouvernement ni demander la démission du ministre en cas de bavure sur le terrain. Ce sera la faute de la vilaine société de sécurité privée que l'Etat s'empressera de destituer de sa licence avant de venir pleurer mielleusement les victimes en promettant de durcir les contrôles.

Mais où est le bénéfice pour le contribuable ? Certainement pas financier comme on veut le faire croire car les prestations de ces sociétés de sécurité ne sont pas gratuites. D'ailleurs, qui va toucher le jackpot en récupérant ces juteux contrats ? Je ne connais pas du tout les acteurs du marché de la sécurité privée mais je ne doute pas qu'il doit être très instructif d'en connaître les actionnaires…

Cette initiative fera chou blanc, n'en doutons pas. Les lacunes d'un tel modèle apparaitront très vite aux yeux des Français. A nous, Démocrates, de les dénoncer et d'échafauder dès aujourd'hui les idées et le programme qui permettront de rétablir la confiance perdue entre les Français et leurs forces de l'ordre. Le métier de policier a changé. Autrefois figure d'autorité, l'agent doit également couvrir un rôle de proximité, de conseil, d'écoute et de prévention. La transition sera complexe car ce sont des années de carrière et de pratique sur lesquelles il faut revenir pour les agents les plus anciens. Cela ne pourra donc se faire que par un travail colossal d'accompagnement et d'éducation. Certains prétendent que la France est un pays qui ne peut pas être réformé car les Français seraient trop obtus, les syndicats trop puissants et les salariés surprotégés. C'est exactement ce genre d'attitude dédaigneuse contre laquelle nous devons nous élever. La Police tout comme les autres secteurs de notre pays sont tout à fait capables d'évoluer mais cela passe par beaucoup de communication, de la compréhension, du respect et du dialogue et certainement pas par la mise au placard des secteurs en “rébellion”. Voilà le chantier qui doit être le nôtre en 2009 : aller à la rencontre de ces gens pour leur dire qu'une alternative existe et qu'elle est incarnée par le Mouvement Démocrate.

Je profite donc de cette conclusion pour vous présenter mes Meilleurs Voeux à tous. Des voeux de Santé, de Prospérité, d'Amour et de Réussite. Et puisse notre Mouvement faire adhérer un grand nombre de nos concitoyens à notre nouvelle façon de percevoir le Monde Politique. Nous en avons besoin et la France aussi.




Toutes ressemblances avec un déchaînement existant serait totalement fortuites

22122008

Michel MinardSi vous avez lu les commentaires du précédent billet, vous avez surement constaté la grosse trace de doigt laissé par Michel en taguant mon beau blog tout neuf. Je n'ai aucune foutue idée de ce que peux être cette pratique mais comme Michel est un gars sympa et que le sujet qu'il nous propose me semble tout à fait digne d'intérêt, j'ai décidé de m'y attacher avant de finaliser mon billet en cours sur la privatisation de la sécurité. Le but : donner deux choses qui nous font douter de notre engagement au MoDem et 3 dont nous sommes fiers.

Le Doute

Le récent débat entre François Bayrou et Jean-François Coppé chez Arlette Chabot a illustré très concrètement l'incapacité qu'ont nos cadres à exprimer que notre approche de la politique n'est pas “un coup à droite, un coup à gauche” mais “le meilleur des deux plus ce qu'ils n'ont pas été capables d'inventer”. Mon premier doute en ce qui concerne l'avenir du MoDem est que nous parvenions pas à convaincre les Français de la pertinence de cette nouvelle façon de faire de la politique simplement parce que nous ne savons pas l'exprimer. Ce débat maudit n'était pourtant pas hors de portée pour le François Bayrou des grands jours et les remarques formulées par Coppé comptent parmi les attaques les plus banales que l'on nous lance depuis un an et demi. Et un an et demi plus tard, notre leader s'avère incapable de répondre autrement que par un mutisme embarrassant lorsqu'on lui assène qu'il est à droite ou qu'on l'accuse de fricoter avec la gauche. Ne pouvait-il pas “retourner” Coppé en l'invitant lui-même à définir ce qu'est “être de droite” ? Puis demander immédiatement si “être de droite” signifie “être ultra-libéraliste” comme Sarko 2007 ou “ultra-interventioniste” comme Sarko 2009 ?  Ce genre de réponses se travaillent à l'avance et la très mauvaise prestation de Bayrou prouve qu'il ne s'est pas préparé à ce minimum vital. Voilà qui représente à mon sens un danger immédiat pour notre Mouvement et que nous risquons de payer très cher si nous ne corrigeons pas le tir avant les Européennes. Autant que ce que nous l'avons payé aux Municipales.

L'autre constat très préoccupant que je tire cette année et demi au sein du MoDem concerne les individualités que j'ai pu y rencontrer. Le Mouvement Démocrate est un vivier de gens de bonne volonté, intelligents et sincères dans leur engagement. Malheureusement, cette catégorie de personnes, trop polie et trop honnête, laisse le champ libre à une autre classe d'individus qui eux ne s'embarrassent pas de diplomatie, de respect ou d'ouverture d'esprit. Il en résulte que des investitures ou des postes à responsabilité échoient à ces gens peu recommandables qui finissent par “pourrir” la vie des sections et le travail produit par les directions départementales et nationales. La réussite du MoDem passe l'émergence de vrais leaders qui sauront faire preuve d'assez d'empathie et de fermeté afin d'écarter les incompétents et les arrivistes.

La Fierté

Malgré toutes mes préoccupations, je ne peux m'empêcher d'éprouver une certaine satisfaction à faire partie du MoDem. Fier tout d'abord grâce à la réputation du MoDem car si nous restons en retrait des autres formations dans l'opinion publique, nous sommes très souvent associés à des valeurs d'honnêteté de la part des Français. C'est donc assez gratifiant d'être associé à une image de brave type qu'à celle d'un escroc beau parleur. En tout cas, à défaut de convaincre. L'autre source de fierté que je ressens vis-à-vis de notre Mouvement, c'est qu'il constitue la seule alternative politique apte à répondre aux problématiques de notre époque. J'en ai l'intime conviction. Aucun autre programme du paysage politique actuel ne correspond aussi bien à ma façon de concevoir la politique. C'est d'ailleurs simple : aucun autre parti n'y correspond. D'un côté nous avons l'UMP qui voit son président désigner son successeur sans passer par la case “élection interne” et pondre un programme qui n'est en rien l'expression de la collectivité. De l'autre, un PS emprisonné dans une opposition tellement systématique qu'elle en devient grotesque. Le MoDem reste donc la seule formation concilliant une participation active de la base dans la constitution des programmes avec une philosophie résolument réaliste qui tranche tout à fait avec l'angélisme et l'immobilisme prônés à gauche et la simplicité et la brutalité des solutions avancées à droite. Je n'envisage même pas de continuer à militer si le MoDem venait à disparaitre tant rien d'autre ne me convient. Avoir l'intime conviction d'avoir fait le bon choix, c'est aussi ça ma fierté personnelle envers le MoDem.

L'espoir

L'exercice imposait de donner trois raisons d'être fier du MoDem. A ce jour, je n'en vois pourtant que deux. Ce n'est pourtant pas anormal : le MoDem est toujours en cours de construction, ses instances comme ses militants. Nous sommes toujours un Petit Poucet de la politique et nous n'avons pas construit grand chose pour la France jusqu'ici. C'est pourquoi l'urgence est de se mettre au travail, même si les élections locales sont à présent très loin. Il faut que le Mouvement se construise une base locale solide et que les militants et les élus accomplissent de hauts faits d'arme. Alors je serai vraiment fier d'être MoDem. En attendant, je reste dans l'expectative en espérant le meilleur pour nous tous. Je garde l'espoir pour 2009.

Et pour continuer la chaine, je vais à mon tour taguer le blog de l'excellent Laurent Quinet ! Rendez-vous dans quelques temps chez lui pour lire sa vision des choses.